Magic Barbès 2026 : cinq jours de créations, de rencontres et de partages à la Goutte d’Or
Du 27 au 31 mai 2026, le festival Magic Barbès a investi la Goutte d’Or et plusieurs lieux emblématiques du 18e arrondissement pour une nouvelle édition placée sous le signe de la lumière, de la transmission, des rencontres et de la création partagée. Tables rondes, projections, expositions, performances, concerts et temps conviviaux ont rythmé cinq jours de programmation ouverts à toutes et tous, mêlant artistes, habitant·es, associations et partenaires du territoire.
Mercredi 27 mai : une ouverture sous le signe de la transmission
Le Festival Magic Barbès 2026 s’est ouvert à FGO-Barbara avec le traditionnel Pot de la Goutte d’Or, réunissant partenaires, associations, habitant·es et élu·es du quartier. Après quelques mots d’accueil d’Éric Lejoindre, maire du 18e arrondissement, ainsi que de Mustapha Amokrane, artiste associé à FGO-Barbara, de Léo Jouvelet, directeur et programmateur du lieu, et de Naïma Bourgaut, PDG de Madline, le public a pu découvrir l’exposition photographique de Cebos consacrée aux commerçants des rues de Chartres et de la Charbonnière.

Point d’orgue de cette première journée, la table ronde Héritières de la parole : le rôle des femmes dans la transmission des récits populaires a réuni quatre intervenantes aux parcours remarquables : la journaliste et modératrice Ouafae Mamèche, l’artiste mosaïste Maymouna Baradji, la journaliste, réalisatrice et autrice Maïram Guissé, ainsi que la réalisatrice, scénariste et actrice Lina Soualem. Pendant plus d’1h30, leurs témoignages et réflexions sur la mémoire, l’héritage et la transmission ont profondément résonné auprès du public, qui a prolongé les échanges bien après la rencontre.

Jeudi 28 mai : mémoires du quartier et énergies collectives
La deuxième journée du festival a fait dialoguer générations, mémoires et expressions artistiques. Dès l’après-midi, FGO-Barbara accueillait la projection du documentaire Bienvenue en 6e, réalisé par des collégiens de la Goutte d’Or. Devant un hall rempli de futurs élèves de sixième, la séance s’est prolongée par un échange aussi spontané que réjouissant, où les questions sur la récréation, la cantine et les devoirs ont témoigné de toute l’excitation liée à l’entrée au collège.

En début de soirée, les Éditions Xérographes présentaient l’exposition Histoire d’objets de Barbès, quartier-monde, fruit d’un atelier d'expression invitant des habitant·es à raconter leur lien au quartier à travers des objets du quotidien chargés de souvenirs. Au même moment, la bibliothèque Goutte d’Or faisait salle comble pour une rencontre avec le créateur de mode Lamine Badian Kouyaté, fondateur de Xuly Bët et pionnier de l’upcycling dans la mode. Un échange riche avec la directrice Anne-Laure Pierre, nourri d’archives et de réflexions sur la création, la transmission et les identités.

Enfin, la soirée s’est prolongée à FGO-Barbara avec les concerts d’InSen puis d’HabibiSly. Entre textures électroniques, rythmes dansants et influences puisées dans les musiques arabes contemporaines, les artistes ont offert un final à l’image de cette journée : généreux, métissé et résolument tourné vers le partage !

Vendredi 29 mai : radios libres, scènes ouvertes et nuits en fusion
La troisième journée de Magic Barbès 2026 a mis en avant la vitalité des initiatives locales et la diversité des formes de création. À l’Institut des cultures d’islam, les apprenti·es journalistes d’AGO Radio ont présenté en public une émission de RAPTZ consacrée à l’Union Populaire des Parents, donnant la parole à trois mamans de l’association autour des enjeux de transmission et de langues maternelles dans le quartier. Dans la continuité, Accueil Goutte d'Or a prolongé le festival rue Laghouat avec son traditionnel repas de quartier, rythmé par un quiz, un défilé et une jam musicale menée par Ameth Sissokho, réunissant habitant·es et familles dans une ambiance plus que festive !

À 18h, le 25hours Hôtel Terminus Nord accueillait pour les mélomanes averti·es, une conférence musicale du média Weekult. consacrée à Sade, suivie d’un DJ set avec le saxophoniste Jonathan Pailler dans l’atmosphère feutrée et cozy du Sape Bar.
Dès 18h30, le public a pu découvrir à la Galerie de l’Échomusée le vernissage de l’exposition Reflets, en présence des artistes Julia Sky, CoCoDile et Élodie Bourgeot. À travers la photographie argentique, la peinture, la sculpture et le dessin, leurs œuvres interrogent les multiples formes de l’autoportrait et la construction de l’identité, dans une approche sensible et plurielle.

Plus tard, le Lavoir Moderne Parisien présentait Marie-Lou du Tata Collectif sur ses planches. En parallèle, FGO-Barbara a ouvert grand son hall à la Barbès Jam Session, véritable laboratoire musical éphémère où musicien·nes amateur·es et confirmé·es du quartier ont pu se retrouver librement, improviser dans un esprit d’ouverture totale.

Point d’orgue de la soirée, la carte blanche Dornika & Friends a transformé la salle de concert en terrain d’expérimentation scénique. Pendant plusieurs heures, Habibitch, Meshcut, Dornika, Coco Klein et Dualbody ont enchaîné performances hybrides, DJ sets, danse, pole dance et interventions live dans une succession de tableaux puissants et contrastés. Portée par des esthétiques queer, engagées et résolument contemporaines, la soirée a offert un espace de liberté rare, où les disciplines se sont entremêlées jusqu’au bout de la nuit ou presque !

Samedi 30 mai : des grandes sœurs aux griots, la parole circule
Après les émotions de la veille, le festival a repris dès 16h dans le hall de FGO-Barbara avec un cercle de parole Ghett’up consacré à la thématique des grandes sœurs. Les participant·es ont pu partager expériences personnelles, représentations et questionnements autour de ces figures centrales du cadre familial et social, dans un espace bienveillant enrichi par la présence d’une thérapeute et coach venue apporter son éclairage.

À la même heure, la cour de l’Institut des Cultures d’Islam accueillait une après-midi dédiée à la culture des griots portée par Ameth Sissokho. Entre conte, ateliers percussifs, danse et concert accompagné de sa mère, le public a pu découvrir la richesse du répertoire mandingue dans un moment de transmission vivant, mêlant artistes et habitant·es autour d’un héritage musical et oral partagé.

En parallèle, la Brasserie de la Goutte d’Or ouvrait ses portes dès 18h pour faire découvrir ses bières artisanales dans une atmosphère festive, accompagnée d’un DJ set en plein air fenêtres ouvertes.
À partir de 19h, le Lavoir Moderne Parisien proposait une nouvelle représentation de Marie-Lou du Tata Collectif, tandis que le hall de FGO-Barbara accueillait la pièce En Scène de la compagnie Gaby Sourire. Porté par des comédien·nes amateur·rices, le spectacle mêlait textes du répertoire et créations originales, interrogeant avec sensibilité et humour la place du théâtre aujourd’hui devant un public venu nombreux, dans une ambiance d’écoute attentive malgré une soirée parisienne footballistique particulièrement animée !

Dimanche 31 mai : jeunesse en scène et grand final intergénérationnel
Dernier jour du festival, placé sous le signe de la jeunesse et du partage. Dès 10h45, les apprenti·es danseur·ses de La Plankè ont ouvert la matinée dans la salle de pratique de FGO-Barbara avec une restitution de danse électro. Devant un public composé de familles et de danseur·ses plus expérimenté·es, la performance a mis en lumière une relève déjà bien affirmée !
Dans la continuité, le Petit Orchestre de la Goutte d’Or, dirigé par Laure Volpato, a investi le hall pour un conte musical mêlant narration, instruments et imaginaire foisonnant. Dragons, fées et contrebasses ont emporté petit·es et grand·es dans un univers partagé, applaudi par l’ensemble du public, y compris les jeunes danseur·ses electro.

La fête s’est ensuite déplacée dans la rue de la Charbonnière pour le Magic Barbeuc, devenu un rendez-vous incontournable du festival. Grâce à la mobilisation des commerçant·es du quartier, des bénévoles, de l’APSAJ et de Quartier Libre 4C, un grand repas partagé a réuni habitant·es et festivalier·es autour de grillades, salades et boissons concoctés maison. Sous les guirlandes et la bande-son du Flying Piano de Fabio, la rue transformée en espace piéton a accueilli un moment superbement convivial et intergénérationnel.

L’après-midi s’est poursuivie entre activités sportives avec les footballeuses d’EGDO au terrain de la Goutte d’Or, et bal des senior·es porté par Home Sweet Mômes. Aux platines, Jeune Gaou a fait danser toutes les générations, tandis qu’un grand tapis d’échecs attirait les plus jeunes. Une habitante s’est exclamée avec humour : « On a 20 ans de nouveau ! », résumant l’esprit de cette journée de clôture, joyeuse et fédératrice.

Cette édition 2026 de Magic Barbès confirme le festival comme un espace de circulation des récits et des pratiques artistiques au cœur du quartier. En réunissant des publics multiples autour de formats variés, il a fait de la Goutte d’Or un territoire de dialogue, de création et de fête partagée. Un rendez-vous qui continue d’inscrire la culture au plus près du vivant et du collectif !