MALIK DJOUDI
« Tu sais, j’ai peur de rien, à part du vide, qu’il anime mes lendemains ». Non, Malik Djoudi n’a peur de rien et son premier album vient combler un vide dans le paysage français. Un romantisme de dandy pas trop sûr de lui, qui convoque Christophe, Sébastien Tellier et William Sheller, une voix qui flotte dans les airs tout près de Connan Mockasin, une sourde intensité mélodique qui trouble à la manière de Blonde Redhead, une intimité dont James Blake a retrouvé le secret… Et des mots en français qu’il manie avec grâce et candeur, sur une trame électro pop toute aussi épurée. Ni vraiment musique de club, ni simplement variété française, Malik Djoudi trace une chanson électronique qui réconcilie pop synthétique des années 80 et histoires d’opérations à cœur ouvert. Si Malik Djoudi a attendu ses 37 ans pour cette déclaration et le grand saut en français dans le texte, le Poitevin n’en est pas à son coup d’essai. Musicien autodidacte, il côtoie Klaus Blasquiz (Magma) pour des cours de chant à l’Atla (Ecole des Musiques Actuelles). Depuis sa ville de Poitiers, il composera pour la télévision, la publicité et le cinéma. En tant que qu’auteur, compositeur et chanteur en anglais, il conduira plusieurs groupes pop-rock comme Moon Pallas, Alan Cock et Kim Tim. Avec eux, il a aussi mis en musique plusieurs pièces de Pierre Rigal, dont l’opéra-rock « Micro », ainsi que des créations de la chorégraphe Sabine Molenaar. À travers les huit chansons de « UN », Malik Djoudi réalise une entrée sidérante dans le club de la pop tricolore, imposant une touche française qui n’appartient qu’à lui : élégante et vibrante, impressionnante et fragile.